Les villes les plus chers du monde selon le cabinet Mercer

Enquête internationale Mercer 2008 sur le coût de la vie

Pour les expatriés, Moscou est la ville la plus chère du monde et ce pour la troisième année consécutive selon l’enquête Mercer 2008 sur le coût de la vie qui vient de paraître. Progressant de 2 places par rapport à l’année dernière, Tokyo arrive en deuxième position, alors que Londres en perd une et se classe 3e. Oslo gagne 6 places et atteint la 4e position, suivie de Séoul au 5e rang. Pour la sixième année consécutive, Asunción au Paraguay reste la ville la moins chère.

Comparé à New York, ville référence de l’enquête portant l’indice 100, le score de Moscou est de 142.4, soit un coût de la vie trois fois supérieur à celui d’Asunción qui obtient 52.5 points. Il semble d’ailleurs que le fossé entre les villes les plus chères et les moins chères du monde tende à s’élargir.


Yvonne Traber, principal et research manager chez Mercer précise “la conjoncture actuelle du marché a entraîné une faiblesse encore plus accrue du dollar et le taux de change euro / dollar impacte les résultats et engendre des changements significatifs dans le classement de 2008 par rapport à 2007.

Bien que les villes les plus chères d’Europe de l’Ouest et de l’Asie se maintiennent toujours dans le Top 20, les villes de l’Europe de l’Est, du Brésil et d’Inde gagnent des places dans le classement.

A contrario, certaines villes telles que Stockholm et New York apparaissent, en comparaison à ces changements, plus abordables.

“Notre étude confirme la tendance globale à l’inflation des prix des produits pétroliers et alimentaires, bien que cela ne soit pas applicable à l’ensemble des villes étudiées. Cette tendance est en partie contrebalancée par les prix décroissants de certains biens de consommation, tels que l’électronique et les appareils électroménagers. Cela peut s’expliquer par des importations moins chères venant de pays en voie de développement, notamment la Chine, et par des avancées technologiques.

Etre le mieux informé possible des changements relatifs au coût de la vie des expatriés est essentiel pour les entreprises. Cela permet de gérer en conséquence les primes d’expatriation.

Dans certains cas, l’augmentation du coût de la vie est en corrélation avec le fort taux de croissance économique. Les entreprises se doivent de considérer l’expansion de ces économies comme hautement prioritaire et tenir compte de la pression inflationniste. Dans nombre de villes, on note une forte augmentation des coûts de logement liée à une offre insuffisante.

Par exemple, la Lettonie a vu son PIB progresser de 10.2% en 2007, ce qui est bien au-dessus de la moyenne globale de 5.2%. Riga, sa capitale, est quant à elle passée en un an, du rang 72 au rang 46. Les villes indiennes ont elles aussi gagné des places dans le classement par rapport à 2007 : New Delhi est passée de la place 68 à la place 55 en un an, pendant que le PIB de l’Inde progressait de 9.2% en 2007. Bogota progressait elle aussi, passant de la place 112 à la place 87, reflétant ainsi le taux de croissance du PIB colombien de 7%.

Europe, Moyen-Orient et Afrique
Moscou occupe la première place du classement, en restant pour la 3e année consécutive la ville la plus chère d’Europe. Son score s’est d’ailleurs accru au fil des années, pour finalement atteindre 142.4 en 2008 (134.4 en 2007 et 123.9 en 2006). Le positionnement de Moscou en tant que ville la plus onéreuse pour les expatriés s’explique par le fort renforcement du rouble face au dollar américain, mais aussi par les coûts du logement en constante augmentation.

Londres est la 2e ville européenne à apparaître dans le classement, se situant désormais au 3e rang (125), perdant une place depuis 2007 alors qu’Oslo en 4e position en gagne 6. (118.3). En Norvège, le prix des biens courants avait atteint son plus haut niveau en fin d’année dernière, après une augmentation de 50% d’ores et déjà constatée au cours des 5 dernières années. Conjugué au renforcement continu de la couronne norvégienne, cela a créé une augmentation substantielle du coût de la vie à Oslo pour les expatriés.

D’autres villes européennes apparaissent dans le Top 10, telles que Copenhague à la 7e place (117.2) et Genève à la 8e (115.8). Ces deux villes ont d’ailleurs respectivement gagné une place depuis l’année dernière. Zurich reste en 9e position (112.7), alors que Milan progresse d’une place pour se positionner au 10e rang, avec un score de 111.3. Sofia en Bulgarie, à la 97e place (76.9) est de nouveau la ville européenne la moins chère pour les expatriés, même si elle a progressé de 11 places par rapport au classement 2007.

Certaines villes européennes ont connu une progression significative dans le classement 2008, notamment grâce au renforcement de leur monnaie face au dollar américain. Par exemple, Prague est passée de la 49e à la 29e place (96) et Varsovie est désormais à la 35e place (95) alors qu’elle était classée 67e en 2007. Istanbul a gagné 15 places pour se positionner au rang 23 (99.4), traduisant ainsi l’appréciation de la livre turque face au dollar américain ainsi que l’augmentation générale des prix, notamment en matière de logement.

Comme Londres, deux autres villes britanniques ont perdu des places : Birmingham passant de la 41e à la 66e position (85.4) et Glasgow du rang 36 au rang 69 (84). Contrairement à l’Euro et aux autres monnaies européennes renforcées cette année, la livre britannique est restée relativement stable face au dollar américain. Etant donné la relative augmentation du coût de la vie dans la zone Euro par rapport aux Etats-Unis, les villes britanniques ont perdu des places dans le classement.

Tel Aviv est une fois de plus la ville la plus chère du Moyen-Orient et se positionne au rang 14 dans le classement (score 105), gagnant ainsi 3 places depuis 2007. Dubaï et Abu Dhabi ont elles aussi progressé fortement cette année, se positionnant respectivement à la 52e place (89.3) et 65e (85.7). La stabilité du dirham des Emirats Arabes Unis face au dollar américain explique principalement ce classement. La plupart des villes africaines apparaissant dans cette enquête ont perdu des places dans ce classement, hormis Lagos au Nigéria qui reste la seule exception, progressant de 7 places pour figurer à la 30e place (95.9).

Amériques
New York est la seule ville nord-américaine à apparaître cette année dans le top 50 du classement. Elle se situe au 22e rang avec un score de 100, perdant 7 places depuis l’enquête 2007. Toutes les autres villes des Etats-Unis ont quant à elles connu un déclin important dans ce classement. Los Angeles, par exemple, est passée de la 42e à la 55e place (87.5), Miami est descendue de la 51e à la 75e place (82) et Washington DC du 85e au 107e rang (74.6).

Mitch Barnes, principal chez Mercer aux Etats-Unis explique “La chute des villes américaines dans le classement 2008 est due à la perte de valeur du dollar américain face à la plupart des autres devises internationales. Le dollar américain a connu un déclin régulier au cours des dernières années ce qui a provoqué une baisse du coût de la vie dans les 19 villes américaines figurant dans le classement par rapport aux autres grandes villes étudiées.

Mitch Barnes ajoute “La baisse du dollar américain a tout de même un aspect positif. Les populations mobiles de cadres sont désormais attirées par des centres d’affaires tels que New York, Chicago ou Los Angeles. La différence actuelle du coût de la vie peut y être significative, en particulier pour les cadres dirigeants s’expatriant avec leur famille”.

Progressant de 28 places cette année pour atteindre la 54e position (88.1), Toronto est désormais la ville canadienne la plus chère pour les expatriés. Toutes les autres villes de ce pays ont d’ailleurs connu le même essor en 2008, avec Vancouver passant de la 89e à la 64e place (85.8), Calgary de la 92e à la 66e (85.4) et Montréal de la 98e à la 72e avec un score de 83. Ces résultats contrebalancent les conclusions de l’enquête 2007, qui avaient globalement vu chuter les villes canadiennes ; ce classement 2008 les replace à leur niveau traditionnel. Cela s’explique notamment par les 15% de revalorisation du dollar canadien face au dollar américain.

Les deux villes Sud-américaines les mieux classées sont São Paulo au 25e rang (97) puis Rio de Janeiro à la 31e place (95.2), progressant respectivement de 37 et 33 places. Cette progression des villes brésiliennes est le résultat du renforcement du Real brésilien de 18% en 2008 face au dollar américain. Une autre ville en pleine essor dans cette région est Caracas, progressant de 40 places cette année, pour ainsi passer de la 129e à la 89e position (79.3). L’inflation importante au Venezuela a d’ailleurs entraîné une forte augmentation des prix de l’alimentaire et des appareils ménagers.

Globalement, les villes d’Amérique du Sud occupent le bas du tableau. Asunción est la ville dont le coût de la vie est le plus bas depuis 6 ans (52.5), précédée de Quito en Equateur en 142e position (54.6), Buenos Aires en 138e (62.7) et Montevideo au 136e rang (63.2).

Asie/Pacifique
Tokyo, à la 2e place du classement (127) est la ville la plus onéreuse d’Asie/Pacifique gagnant 2 places en un an. La 5e place est quant à elle occupée par Séoul (117.7) et la 6e par Hong Kong (117.6). Singapour atteint le rang 13, avec le score de 109.1. Karachi reste la ville la moins chère de la région, avec un score de 54.7, la situant à la 141e place.

Alors que les 5 villes d’Asie les mieux classées demeurent relativement stables, des changements significatifs ont été constatés dans le bas du classement. En Inde, Bombay a gagné 4 places pour arriver à la position 48 (90.3), alors que New Delhi a progressé de 13 places pour atteindre le rang 55 (87.5). Ces progressions s’expliquent par le renforcement de la roupie indienne face au dollar américain. Bien que l’Inde ait connu une inflation relativement forte, cette dernière a évolué au même rythme que New York. Elle n’a eu de ce fait qu’un impact limité sur la progression de ses villes dans le classement. Manille gagne 27 places, atteignant le rang 110 (73.4), conséquence de la hausse du coût des logements répondant aux normes internationales.

A contrario, certaines villes de cette région ont connu une chute significative dans le classement 2008. Jakarta chutant de la 55e à la 82e place (80.5) ou encore Bangkok glissant de la 95e à la 105e place (75.1) en sont l’exemple. Au Vietnam, Hanoi perd 35 places pour rejoindre le rang 91 (score 79) et la ville d’Ho Chi Minh chute de 40 places pour tomber à la 100e position (76.3). La cause principale des chutes dans le classement de ces villes réside dans le fait que le dông vietnamien est resté stable face au dollar américain. Le faible niveau d’inflation observé sur les biens de consommation au Vietnam, en comparaison à celui de New York, a creusé l’écart plus profondément.

Australie et Nouvelle-Zélande
Sydney reste la ville la plus chère de la région pour les expatriés, gagnant 6 places cette année pour atteindre la 15e position (104.1). Melbourne est la suivante à la 36e place (94.2), grâce à un saut de 28 places, et enfin Perth grimpe de 31 places pour se situer finalement au rang 53 (score 88.5).

Les villes d’Australie et de Nouvelle-Zélande gagnent des places cette année grâce à leur taux de change supérieur au dollar américain. Les villes Néo-Zélandaises restent cependant l’option la moins onéreuse pour les expatriés, avec notamment Aucklandà la 78e place (81) et Wellington à la 93ème (77.6).




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